In this category:

Or see the index

All categories

  1. CINEMA, RADIO & TV
  2. DANCE
  3. DICTIONARY OF IDEAS
  4. EXHIBITION – art, art history, photos, paintings, drawings, sculpture, ready-mades, video, performing arts, collages, gallery, etc.
  5. FICTION & NON-FICTION – books, booklovers, lit. history, biography, essays, translations, short stories, columns, literature: celtic, beat, travesty, war, dada & de stijl, drugs, dead poets
  6. FLEURSDUMAL POETRY LIBRARY – classic, modern, experimental & visual & sound poetry, poetry in translation, city poets, poetry archive, pre-raphaelites, editor's choice, etc.
  7. LITERARY NEWS & EVENTS – art & literature news, in memoriam, festivals, city-poets, writers in Residence
  8. MONTAIGNE
  9. MUSEUM OF LOST CONCEPTS – invisible poetry, conceptual writing, spurensicherung
  10. MUSEUM OF NATURAL HISTORY – department of ravens & crows, birds of prey, riding a zebra
  11. MUSEUM OF PUBLIC PROTEST- photos, texts, videos, street poetry, 1968
  12. MUSIC
  13. PRESS & PUBLISHING
  14. REPRESSION OF WRITERS, JOURNALISTS & ARTISTS
  15. STORY ARCHIVE – olv van de veestraat, reading room, tales for fellow citizens
  16. STREET POETRY
  17. THEATRE
  18. TOMBEAU DE LA JEUNESSE – early death: writers, poets & artists who died young
  19. ULTIMATE LIBRARY – danse macabre, ex libris, grimm & co, fairy tales, art of reading, tales of mystery & imagination, sherlock holmes theatre, erotic poetry, ideal women
  20. WAR & PEACE
  21. ·




  1. Subscribe to new material:
    RSS     ATOM

Apollinaire, Guillaume

· Guillaume Apollinaire: Hôtels · Guillaume Apollinaire: Mon Lou je veux te reparler · Guillaume Apollinaire: C’est l’hiver · Guillaume Apollinaire: Le douanier Rousseau · Guillaume Apollinaire: C’est Lou Qu’on La Nommait · Guillaume Apollinaire: Pour Madeleine Seule · Guillaume Apollinaire: “Je pense à toi” · “Het vergif van den nieuwen geest” – DE STIJL literair · Guillaume APOLLINAIRE: La fumée de la cantine · GUILLAUME APOLLINAIRE: Au lac de tes yeux · GUILLAUME APOLLINAIRE: Mon Lou la nuit descend · GUILLAUME APOLLINAIRE: IL Y A

»» there is more...

Guillaume Apollinaire: Hôtels

 

Hôtels

La chambre est veuve
Chacun pour soi
Présence neuve
On paye au mois

Le patron doute
Payera-t-on
Je tourne en route
Comme un toton

Le bruit des fiacres
Mon voisin laid
Qui fume un âcre
Tabac anglais

Ô La Vallière
Qui boite et rit
De mes prières
Table de nuit

Et tous ensemble
Dans cet hôtel
Savons la langue
Comme à Babel

Fermons nos portes
À double tour
Chacun apporte
Son seul amour

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)

Hôtels
Alcools – poèmes 1898-1913
Paris : Éditions de la Nouvelle Revue française,
troisième édition, 1920

fleursdumal.nl magazine

More in: *Concrete + Visual Poetry A-E, Apollinaire, Guillaume, Archive A-B, Guillaume Apollinaire


Guillaume Apollinaire: Mon Lou je veux te reparler

          

Mon Lou je veux te reparler

Mon Lou je veux te reparler maintenant de l’Amour
Il monte dans mon cœur comme le soleil sur le jour
Et soleil il agite ses rayons comme des fouets
Pour activer nos âmes et les lier
Mon amour c’est seulement ton bonheur
Et ton bonheur c’est seulement ma volonté
Ton amour doit être passionné de douleur
Ma volonté se confond avec ton désir et ta beauté
Ah ! Ah ! te revoilà devant moi toute nue
Captive adorée toi la dernière venue
Tes seins ont le goût pâle des kakis et des figues de Barbarie
Hanches fruits confits je les aime maa chérie
L’écume de la mer dont naquit la déesse
Évoque celle-là qui naît de ma caresse
Si tu marches Splendeur tes yeux ont le luisant
D’un sabre au doux regard prêt à se teindre de sang
Si tu te couches Douceur tu deviens mon orgie
Et le mets savoureux de notre liturgie
Si tu te courbes Ardeur comme une flamme au vent
Des atteintes du feu jamais rien n’est décevant
Je flambe dans ta flamme et suis de ton amour
Le phénix qui se meurt et renaît chaque jour
Chaque jour
Mon amour
Va vers toi ma chérie
Comme un tramway
Il grince et crie
Sur les rails où je vais
La nuit m’envoie ses violettes
Reçois-les car je te les jette
Le soleil est mort doucement
Comme est mort l’ancien roman
De nos fausses amours passées
Les violettes sont tressées
Si d’or te couronnait le jour
La nuit t’enguirlande à son tour

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)
Poèmes à Lou
Mon Lou je veux te reparler

fleursdumal.nl magazine

More in: *Concrete + Visual Poetry A-E, Apollinaire, Guillaume, Archive A-B, Guillaume Apollinaire


Guillaume Apollinaire: C’est l’hiver

  

C’est l’hiver

C’est l’hiver et déjà j’ai revu des bourgeons
Aux figuiers dans les clos Mon amour nous bougeons
Vers la paix ce printemps de la guerre où nous sommes
Nous sommes bien Là-bas entends le cri des hommes
Un marin japonais se gratte l’œil gauche avec l’orteil droit
Sur le chemin de l’exil voici des fils de rois
Mon cœur tourne autour de toi comme un kolo où dansent quelques
jeunes soldats serbes auprès d’une pucelle endormie
Le fantassin blond fait la chasse aux morpions sous la pluie
Un belge interné dans les Pays-Bas lit un journal où il est question de moi
Sur la digue une reine regarde le champ de bataille avec effroi
L’ambulancier ferme les yeux devant l’horrible blessure
Le sonneur voit le beffroi tomber comme une poire trop mûre
Le capitaine anglais dont le vaisseau coule tire une dernière pipe d’opium
Ils crient Cri vers le printemps de paix qui va venir
Entends le cri des hommes
Mais mon cri va vers toi mon Lou tu es ma paix et mon printemps
Tu es ma Lou chérie le bonheur que j’attends
C’est pour notre bonheur que je me prépare à la mort
C’est pour notre bonheur que dans la vie j’espère encore
C’est pour notre bonheur que luttent les armées
Que l’on pointe au miroir sur l’infanterie décimée
Que passent les obus comme des étoiles filantes
Que vont les prisonniers en troupes dolentes
Et que mon cœur ne bat que pour toi ma chérie
Mon amour ô mon Loup mon art et mon artillerie

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)
Poèmes à Lou
C’est l’hiver

fleursdumal.nl magazine

More in: *Concrete + Visual Poetry A-E, Apollinaire, Guillaume, Archive A-B, Guillaume Apollinaire


Guillaume Apollinaire: Le douanier Rousseau

 

Apollinaire
Le douanier Rousseau

Tu te souviens, Rousseau, du paysage astèque,
Des forêts où poussaient la mangue et l’ananas,
Des singes répandant tout le sang des pastèques
Et du blond empereur qu’on fusilla là-bas.

Les tableaux que tu peins, tu les vis au Mexique,
Un soleil rouge ornait le front des bananiers,
Et valeureux soldat, tu troquas ta tunique,
Contre le dolman bleu des braves douaniers.

Le malheur s’acharna sur ta progéniture
Tu perdis tes enfants et tes femmes aussi
Et te remarias avecque la peinture
Pour faire tes tableaux, enfants de ton esprit.

Nous sommes réunis pour célébrer ta gloire,
Ces vins qu’en ton honneur nous verse Picasso,
Buvons-les donc, puisque c’est l’heure de les boire
En criant tous en chœur : « Vive ! vive Rousseau ! »

O peintre glorieux de l’alme République
Ton nom est le drapeau des fiers Indépendants
Et dans le marbre blanc, issu du Pentélique,
On sculptera ta face, orgueil de notre temps.

Or sus ! que l’on se lève et qu’on choque les verres
Et que renaisse ici la française gaîté ;
Arrière noirs soucis, fuyez ô fronts sévères,
Je bois à mon Rousseau, je bois à sa santé !

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)
Le douanier Rousseau

fleursdumal.nl magazine

More in: Apollinaire, Guillaume, Archive A-B, FDM in Paris, Guillaume Apollinaire


Guillaume Apollinaire: C’est Lou Qu’on La Nommait

 

C’est Lou Qu’on La Nommait

Il est des loups de toute sorte
Je connais le plus inhumain
Mon cœur que le diable l’emporte
Et qu’il le dépose à sa porte
N’est plus qu’un jouet dans sa main

Les loups jadis étaient fidèles
Comme sont les petits toutous
Et les soldats amants des belles
Galamment en souvenir d’elles
Ainsi que les loups étaient doux

Mais aujourd’hui les temps sont pires
Les loups sont tigres devenus
Et les Soldats et les Empires
Les Césars devenus Vampires
Sont aussi cruels que Vénus

J’en ai pris mon parti Rouveyre
Et monté sur mon grand cheval
Je vais bientôt partir en guerre
Sans pitié chaste et l’œil sévère
Comme ces guerriers qu’Epinal

Vendait Images populaires
Que Georgin gravait dans le bois
Où sont-ils ces beaux militaires
Soldats passés Où sont les guerres
Où sont les guerres d’autrefois

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)
Poèmes à Lou
C’est Lou Qu’on La Nommait

fleursdumal.nl magazine

More in: Apollinaire, Guillaume, Archive A-B, Guillaume Apollinaire


Guillaume Apollinaire: Pour Madeleine Seule

Pour Madeleine Seule

Lune candide vous brillez moins que les hanches
De mon amour
Aubes que j’admire vous êtes moins blanches
Aubes que chaque jour
J’admire ô hanches si blanches

Il y a le reflet de votre blancheur

Au fond de cet aluminium

Dont on fait des bagues

Dans cette zone où règne la blancheur
O hanches si blanches.

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)
Pour Madeleine Seule

fleursdumal.nl magazine

More in: Apollinaire, Guillaume, Archive A-B, Guillaume Apollinaire


Guillaume Apollinaire: “Je pense à toi”

 

“Je pense à toi”

Je pense à toi mon Lou ton cœur est ma caserne
Mes sens sont tes chevaux ton souvenir est ma luzerne

Le ciel est plein ce soir de sabres d’éperons
Les canonniers s’en vont dans l’ombre lourds et prompts

Mais près de toi je vois sans cesse ton image
Ta bouche est la blessure ardente du courage

Nos fanfares éclatent dans la nuit comme ta voix
Quand je suis à cheval tu trottes près de moi

Nos 75 sont gracieux comme ton corps
Et tes cheveux sont fauves comme le feu d’un obus
qui éclate au nord

Je t’aime tes mains et mes souvenirs
Font sonner à toute heure une heureuse fanfare
Des soleils tour à tour se prennent à hennir
Nous sommes les bat-flanc sur qui ruent les étoiles.

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)
“Je pense à toi”

fleursdumal.nl magazine

More in: Apollinaire, Guillaume, Archive A-B, Guillaume Apollinaire


“Het vergif van den nieuwen geest” – DE STIJL literair

De Stijl bestaat 100 jaar en dat kan bijna niemand ontgaan zijn. Door Utrecht staat De Stijl volop in de aandacht: op de Stadshuisbrug staat een enorme Rietveldstoel, vrijwel elke etalageruit is versierd in Mondriaanstijl en het Centraal Museum heeft een tentoonstelling gewijd aan Rietveld. Maar tussen al dit Stijlgeweld mist er iets: aandacht voor de literaire kant van De Stijl. Beleef het in de expositie “Het vergif van den nieuwen geest” – De Stijl literair van 9 mei tot en met 7 juli in de Universiteitsbibliotheek.

Wanneer de naam Mondriaan valt denkt vrijwel iedereen aan zijn schilderijen. Toch heeft hij niet alleen een penseel ter hand genomen, maar ook de pen. Bekijk Mondriaan’s lussen van de L en hoe hij heeft gesleuteld aan zijn zinnen in het verhaal Klein Restaurant – Palmzondag, dat nog nooit eerder vertoond is.

De Letterklankbeelden van Theo van Doesburg oftewel I.K. Bonset hebben veel weg van de Snellenkaart van de oogarts, maar wees niet misleid want deze Letterklankbeelden waren een vernieuwing in de poëzie. Neem de Leesteekens en leesregels door en draag de Letterklankbeelden hardop voor. Ervaar zelf het gedicht van Van Doesburg!

De Stijl had een duidelijke visie en stond voor verandering. Dit is dan ook terug te lezen in de manifesten die geschreven zijn. De Stijl beperkte zich niet alleen tot Nederland. De manifesten verschenen in meerdere talen. De Nederlandse en Franse versie zijn voor deze expositie voor het eerst bijeen gebracht. Verwacht verder werk van o.a. Kurt Schwitters, Til Brugman, Agnita Feis, Antony Kok, Paul van Ostaijen, H. Marsman, Bert Schierbeek en Jan Hanlo.

Deze tweetalige expositie is samengesteld door Niels Bokhove, filosofie- en literatuurhistoricus en mede-auteur van ‘Utrecht Dada’ (2013), in opdracht van Het Literatuurhuis.

Expositie: “Het vergif van den nieuwen geest” – De Stijl literair
10 mei t/m 7 juli, gratis toegang
Universiteitsbibliotheek Binnenstad, Drift 27, Utrecht
Openingstijden: ma t/m vrij: 08.00 – 22.30 uur |za & zo: 10.00 – 22.30 uur
(let op: U heeft in het weekend, op feestdagen en na 17.00 uur alleen toegang op vertoon van een geldig legitimatiebewijs: rijbewijs, paspoort, identiteitskaart of een (digitale) UU-collegekaart mét pasfoto)

# meer info op website ILFU (International Literature Festival Utrecht)

fleursdumal.nl magazine

More in: Antony Kok, Antony Kok, Apollinaire, Guillaume, Art & Literature News, Baargeld, Johannes Theodor, Ball, Hugo, Constuctivisme, Dadaïsme, De Stijl, Doesburg, Theo van, Exhibition Archive, Kok, Antony, Kurt Schwitters, Kurt Schwitters, Literary Events, Majakovsky, Vladimir, Morgenstern, Christian, Ostaijen, Paul van, Piet Mondriaan, Piet Mondriaan, Schwitters, Kurt, Theo van Doesburg, Theo van Doesburg, Theo van Doesburg (I.K. Bonset), Tzara, Tristan


Guillaume APOLLINAIRE: La fumée de la cantine

  apolinnaire102

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)

La fumée de la cantine

La fumée de la cantine est comme la nuit qui vient
Voix hautes ou graves le vin saigne partout
Je tire ma pipe libre et fier parmi mes camarades
Ils partirons avec moi pour les champs de bataille
Ils dormirons la nuit sous la pluie ou les étoiles
Ils galoperont avec moi portant en croupe des victoires
Ils obéiront avec moi aux mêmes commandements
Ils écouteront attentifs les sublimes fanfares
Ils mourront près de moi et moi peut-être près d’eux
Ils souffriront du froid et du soleil avec moi
Ils sont des hommes ceux-ci qui boivent avec moi
Ils obéissent avec moi aux lois de l’homme
Ils regardent sur les routes les femmes qui passent
Ils les désirent mais moi j’ai des plus hautes amours
Qui règnent sur mon coeur mes sens et mon cerveau
Et qui sont ma patrie ma famille et mon espérance
À moi soldat amoureux soldat de la douce France

Guillaume Apollinaire Poèmes à Lou
fleursdumal.nl magazine

More in: #Archive Concrete & Visual Poetry, *War Poetry Archive, Apollinaire, Guillaume, Archive A-B


GUILLAUME APOLLINAIRE: Au lac de tes yeux

apolinnaire103

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)

Au lac de tes yeux

Au lac de tes yeux très profond
Mon pauvre cœur se noie et fond
Là le défont
Dans l’eau d’amour et de folie
Souvenir et Mélancolie

Guillaume Apollinaire Poèmes à Lou
fleursdumal.nl magazine

More in: #Archive Concrete & Visual Poetry, *War Poetry Archive, Apollinaire, Guillaume, Archive A-B


GUILLAUME APOLLINAIRE: Mon Lou la nuit descend

apolinnaire101

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)

Mon Lou la nuit descend

Mon Lou la nuit descend tu es à moi je t’aime
Les cyprès ont noirci le ciel a fait de même
Les trompettes chantaient ta beauté mon bonheur
De t’aimer pour toujours ton cœur près de mon cœur
Je suis revenu doucement à la caserne
Les écuries sentaient bon la luzerne
Les croupes des chevaux évoquaient ta force et ta grâce
D’alezane dorée ô ma belle jument de race
La tour Magne tournait sur sa colline laurée
Et dansait lentement lentement s’obombrait
Tandis que des amants descendaient de la colline
La tour dansait lentement comme une sarrasine
Le vent souffle pourtant il ne fait pas du tout froid
Je te verrai dans deux jours et suis heureux comme un roi
Et j’aime de t’y aimer cette Nîmes la Romaine
Où les soldats français remplacent l’armée prétorienne
Beaucoup de vieux soldats qu’on n’a pu habiller
Ils vont comme des bœufs tanguent comme des mariniers
Je pense à tes cheveux qui sont mon or et ma gloire
Ils sont toute ma lumière dans la nuit noire
Et tes yeux sont les fenêtres d’où je veux regarder
La vie et ses bonheurs la mort qui vient aider
Les soldats las les femmes tristes et les enfants malades
Des soldats mangent près d’ici de l’ail dans la salade
L’un a une chemise quadrillée de bleu comme une carte
Je t’adore mon Lou et sans te voir je te regarde
Ça sent l’ail et le vin et aussi l’iodoforme
Je t’adore mon Lou embrasse-moi avant que je ne dorme
Le ciel est plein d’étoiles qui sont les soldats
Morts ils bivouaquent là-haut comme ils bivouaquaient là-bas
Et j’irai conducteur un jour lointain t’y conduire
Lou que de jours de bonheur avant que ce jour ne vienne luire
Aime-moi mon Lou je t’adore Bonsoir
Je t’adore je t’aime adieu mon Lou ma gloire

Guillaume Apollinaire Poèmes à Lou
fleursdumal.nl magazine

More in: #Archive Concrete & Visual Poetry, *War Poetry Archive, Apollinaire, Guillaume, Archive A-B


GUILLAUME APOLLINAIRE: IL Y A

apolinnaire106

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)

Il y a

Il y a un vaisseau qui a emporté ma bien-aimée
Il y a dans le ciel six saucisses et la nuit venant on dirait des asticots dont naîtraient les étoiles
Il y a un sous-marin ennemi qui en voulait à mon amour
Il y a mille petits sapins brisés par les éclats d’obus autour de moi
Il y a un fantassin qui passe aveuglé par les gaz asphyxiants
Il y a que nous avons tout haché dans les boyaux de Nietzsche de Goethe et de Cologne
Il y a que je languis après une lettre qui tarde
Il y a dans mon porte-cartes plusieurs photos de mon amour
Il y a les prisonniers qui passent la mine inquiète
Il y a une batterie dont les servants s’agitent autour des pièces
Il y a le vaguemestre qui arrive au trot par le chemin de l’Abre isolé

Il y a dit-on un espion qui rôde par ici invisible comme l’horizon dont il s’est indignement revêtu et avec quoi il se confond
Il y a dressé comme un lys le buste de mon amour
Il y a un capitaine qui attend avec anxiété les communications de la T.S.F. sur l’Atlantique
Il y a à minuit des soldats qui scient des planches pour les cercueils
Il y a des femmes qui demandent du maïs à grands cris devant un Christ sanglant à Mexico
Il y a le Gulf Stream qui est si tiède et si bienfaisant
Il y a un cimetière plein de croix à 5 kilomètres
Il y a des croix partout de-ci de-là
Il y a des figues de barbarie sur ces cactus en Algérie
Il y a les longues mains souples de mon amour
Il y a un encrier que j’avais fait dans une fusée de 15 centimètres et qu’on n’a pas laissé partir
Il y a ma selle exposée à la pluie
Il y a les fleuves qui ne remontent pas leur cours
Il y a l’amour qui m’entraîne avec douceur
Il y avait un prisonnier boche qui portait sa mitrailleuse sur son dos
Il y a des hommes dans le monde qui n’ont jamais été à la guerre
Il y a des Hindous qui regardent avec étonnement les campagnes occidentales

Ils pensent avec mélancolie à ceux dont ils se demandent s’ils les reverront
Car on a poussé très loin durant cette guerre l’art de l’invisibilité

Guillaume Apollinaire poésie
fleursdumal.nl magazine

More in: #Archive Concrete & Visual Poetry, *War Poetry Archive, Apollinaire, Guillaume, Archive A-B


Older Entries »

Thank you for reading FLEURSDUMAL.NL - magazine for art & literature