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Apollinaire, Guillaume

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Guillaume Apollinaire: C’est Lou Qu’on La Nommait

 

C’est Lou Qu’on La Nommait

Il est des loups de toute sorte
Je connais le plus inhumain
Mon cœur que le diable l’emporte
Et qu’il le dépose à sa porte
N’est plus qu’un jouet dans sa main

Les loups jadis étaient fidèles
Comme sont les petits toutous
Et les soldats amants des belles
Galamment en souvenir d’elles
Ainsi que les loups étaient doux

Mais aujourd’hui les temps sont pires
Les loups sont tigres devenus
Et les Soldats et les Empires
Les Césars devenus Vampires
Sont aussi cruels que Vénus

J’en ai pris mon parti Rouveyre
Et monté sur mon grand cheval
Je vais bientôt partir en guerre
Sans pitié chaste et l’œil sévère
Comme ces guerriers qu’Epinal

Vendait Images populaires
Que Georgin gravait dans le bois
Où sont-ils ces beaux militaires
Soldats passés Où sont les guerres
Où sont les guerres d’autrefois

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)
Poèmes à Lou
C’est Lou Qu’on La Nommait

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Guillaume Apollinaire: Pour Madeleine Seule

Pour Madeleine Seule

Lune candide vous brillez moins que les hanches
De mon amour
Aubes que j’admire vous êtes moins blanches
Aubes que chaque jour
J’admire ô hanches si blanches

Il y a le reflet de votre blancheur

Au fond de cet aluminium

Dont on fait des bagues

Dans cette zone où règne la blancheur
O hanches si blanches.

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)
Pour Madeleine Seule

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Guillaume Apollinaire: “Je pense à toi”

 

“Je pense à toi”

Je pense à toi mon Lou ton cœur est ma caserne
Mes sens sont tes chevaux ton souvenir est ma luzerne

Le ciel est plein ce soir de sabres d’éperons
Les canonniers s’en vont dans l’ombre lourds et prompts

Mais près de toi je vois sans cesse ton image
Ta bouche est la blessure ardente du courage

Nos fanfares éclatent dans la nuit comme ta voix
Quand je suis à cheval tu trottes près de moi

Nos 75 sont gracieux comme ton corps
Et tes cheveux sont fauves comme le feu d’un obus
qui éclate au nord

Je t’aime tes mains et mes souvenirs
Font sonner à toute heure une heureuse fanfare
Des soleils tour à tour se prennent à hennir
Nous sommes les bat-flanc sur qui ruent les étoiles.

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)
“Je pense à toi”

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“Het vergif van den nieuwen geest” – DE STIJL literair

De Stijl bestaat 100 jaar en dat kan bijna niemand ontgaan zijn. Door Utrecht staat De Stijl volop in de aandacht: op de Stadshuisbrug staat een enorme Rietveldstoel, vrijwel elke etalageruit is versierd in Mondriaanstijl en het Centraal Museum heeft een tentoonstelling gewijd aan Rietveld. Maar tussen al dit Stijlgeweld mist er iets: aandacht voor de literaire kant van De Stijl. Beleef het in de expositie “Het vergif van den nieuwen geest” – De Stijl literair van 9 mei tot en met 7 juli in de Universiteitsbibliotheek.

Wanneer de naam Mondriaan valt denkt vrijwel iedereen aan zijn schilderijen. Toch heeft hij niet alleen een penseel ter hand genomen, maar ook de pen. Bekijk Mondriaan’s lussen van de L en hoe hij heeft gesleuteld aan zijn zinnen in het verhaal Klein Restaurant – Palmzondag, dat nog nooit eerder vertoond is.

De Letterklankbeelden van Theo van Doesburg oftewel I.K. Bonset hebben veel weg van de Snellenkaart van de oogarts, maar wees niet misleid want deze Letterklankbeelden waren een vernieuwing in de poëzie. Neem de Leesteekens en leesregels door en draag de Letterklankbeelden hardop voor. Ervaar zelf het gedicht van Van Doesburg!

De Stijl had een duidelijke visie en stond voor verandering. Dit is dan ook terug te lezen in de manifesten die geschreven zijn. De Stijl beperkte zich niet alleen tot Nederland. De manifesten verschenen in meerdere talen. De Nederlandse en Franse versie zijn voor deze expositie voor het eerst bijeen gebracht. Verwacht verder werk van o.a. Kurt Schwitters, Til Brugman, Agnita Feis, Antony Kok, Paul van Ostaijen, H. Marsman, Bert Schierbeek en Jan Hanlo.

Deze tweetalige expositie is samengesteld door Niels Bokhove, filosofie- en literatuurhistoricus en mede-auteur van ‘Utrecht Dada’ (2013), in opdracht van Het Literatuurhuis.

Expositie: “Het vergif van den nieuwen geest” – De Stijl literair
10 mei t/m 7 juli, gratis toegang
Universiteitsbibliotheek Binnenstad, Drift 27, Utrecht
Openingstijden: ma t/m vrij: 08.00 – 22.30 uur |za & zo: 10.00 – 22.30 uur
(let op: U heeft in het weekend, op feestdagen en na 17.00 uur alleen toegang op vertoon van een geldig legitimatiebewijs: rijbewijs, paspoort, identiteitskaart of een (digitale) UU-collegekaart mét pasfoto)

# meer info op website ILFU (International Literature Festival Utrecht)

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Guillaume APOLLINAIRE: La fumée de la cantine

  apolinnaire102

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)

La fumée de la cantine

La fumée de la cantine est comme la nuit qui vient
Voix hautes ou graves le vin saigne partout
Je tire ma pipe libre et fier parmi mes camarades
Ils partirons avec moi pour les champs de bataille
Ils dormirons la nuit sous la pluie ou les étoiles
Ils galoperont avec moi portant en croupe des victoires
Ils obéiront avec moi aux mêmes commandements
Ils écouteront attentifs les sublimes fanfares
Ils mourront près de moi et moi peut-être près d’eux
Ils souffriront du froid et du soleil avec moi
Ils sont des hommes ceux-ci qui boivent avec moi
Ils obéissent avec moi aux lois de l’homme
Ils regardent sur les routes les femmes qui passent
Ils les désirent mais moi j’ai des plus hautes amours
Qui règnent sur mon coeur mes sens et mon cerveau
Et qui sont ma patrie ma famille et mon espérance
À moi soldat amoureux soldat de la douce France

Guillaume Apollinaire Poèmes à Lou
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GUILLAUME APOLLINAIRE: Au lac de tes yeux

apolinnaire103

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)

Au lac de tes yeux

Au lac de tes yeux très profond
Mon pauvre cœur se noie et fond
Là le défont
Dans l’eau d’amour et de folie
Souvenir et Mélancolie

Guillaume Apollinaire Poèmes à Lou
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GUILLAUME APOLLINAIRE: Mon Lou la nuit descend

apolinnaire101

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)

Mon Lou la nuit descend

Mon Lou la nuit descend tu es à moi je t’aime
Les cyprès ont noirci le ciel a fait de même
Les trompettes chantaient ta beauté mon bonheur
De t’aimer pour toujours ton cœur près de mon cœur
Je suis revenu doucement à la caserne
Les écuries sentaient bon la luzerne
Les croupes des chevaux évoquaient ta force et ta grâce
D’alezane dorée ô ma belle jument de race
La tour Magne tournait sur sa colline laurée
Et dansait lentement lentement s’obombrait
Tandis que des amants descendaient de la colline
La tour dansait lentement comme une sarrasine
Le vent souffle pourtant il ne fait pas du tout froid
Je te verrai dans deux jours et suis heureux comme un roi
Et j’aime de t’y aimer cette Nîmes la Romaine
Où les soldats français remplacent l’armée prétorienne
Beaucoup de vieux soldats qu’on n’a pu habiller
Ils vont comme des bœufs tanguent comme des mariniers
Je pense à tes cheveux qui sont mon or et ma gloire
Ils sont toute ma lumière dans la nuit noire
Et tes yeux sont les fenêtres d’où je veux regarder
La vie et ses bonheurs la mort qui vient aider
Les soldats las les femmes tristes et les enfants malades
Des soldats mangent près d’ici de l’ail dans la salade
L’un a une chemise quadrillée de bleu comme une carte
Je t’adore mon Lou et sans te voir je te regarde
Ça sent l’ail et le vin et aussi l’iodoforme
Je t’adore mon Lou embrasse-moi avant que je ne dorme
Le ciel est plein d’étoiles qui sont les soldats
Morts ils bivouaquent là-haut comme ils bivouaquaient là-bas
Et j’irai conducteur un jour lointain t’y conduire
Lou que de jours de bonheur avant que ce jour ne vienne luire
Aime-moi mon Lou je t’adore Bonsoir
Je t’adore je t’aime adieu mon Lou ma gloire

Guillaume Apollinaire Poèmes à Lou
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GUILLAUME APOLLINAIRE: IL Y A

apolinnaire106

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)

Il y a

Il y a un vaisseau qui a emporté ma bien-aimée
Il y a dans le ciel six saucisses et la nuit venant on dirait des asticots dont naîtraient les étoiles
Il y a un sous-marin ennemi qui en voulait à mon amour
Il y a mille petits sapins brisés par les éclats d’obus autour de moi
Il y a un fantassin qui passe aveuglé par les gaz asphyxiants
Il y a que nous avons tout haché dans les boyaux de Nietzsche de Goethe et de Cologne
Il y a que je languis après une lettre qui tarde
Il y a dans mon porte-cartes plusieurs photos de mon amour
Il y a les prisonniers qui passent la mine inquiète
Il y a une batterie dont les servants s’agitent autour des pièces
Il y a le vaguemestre qui arrive au trot par le chemin de l’Abre isolé

Il y a dit-on un espion qui rôde par ici invisible comme l’horizon dont il s’est indignement revêtu et avec quoi il se confond
Il y a dressé comme un lys le buste de mon amour
Il y a un capitaine qui attend avec anxiété les communications de la T.S.F. sur l’Atlantique
Il y a à minuit des soldats qui scient des planches pour les cercueils
Il y a des femmes qui demandent du maïs à grands cris devant un Christ sanglant à Mexico
Il y a le Gulf Stream qui est si tiède et si bienfaisant
Il y a un cimetière plein de croix à 5 kilomètres
Il y a des croix partout de-ci de-là
Il y a des figues de barbarie sur ces cactus en Algérie
Il y a les longues mains souples de mon amour
Il y a un encrier que j’avais fait dans une fusée de 15 centimètres et qu’on n’a pas laissé partir
Il y a ma selle exposée à la pluie
Il y a les fleuves qui ne remontent pas leur cours
Il y a l’amour qui m’entraîne avec douceur
Il y avait un prisonnier boche qui portait sa mitrailleuse sur son dos
Il y a des hommes dans le monde qui n’ont jamais été à la guerre
Il y a des Hindous qui regardent avec étonnement les campagnes occidentales

Ils pensent avec mélancolie à ceux dont ils se demandent s’ils les reverront
Car on a poussé très loin durant cette guerre l’art de l’invisibilité

Guillaume Apollinaire poésie
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GUILLAUME APOLLINAIRE: JE T’ADORE MON LOU

apolinnaire101

Guillaume Apollinaire
(1880 – 1918)

Je t’adore mon Lou

Je t’adore mon Lou et par moi tout t’adore
Les chevaux que je vois s’ébrouer aux abords
L’appareil des monuments latins qui me contemplent
Les artilleurs vigoureux qui dans leur caserne rentrent
Le soleil qui descend lentement devant moi
Les fantassins bleu pâle qui partent pour le front pensent à toi
Car ô ma chevelue de feu tu es la torche
Qui m’éclaire ce monde et flamme tu es ma force
Dans le ciel les nuages
Figurent ton image
Le mistral en passant
Emporte mes paroles
Tu en perçois le sens
C’est vers toi qu’elles volent
Tout le jour nos regards
Vont des Alpes au Gard
Du Gard à la Marine
Et quand le jour décline
Quand le sommeil nous prend
Dans nos lits différents
Nos songes nous rapprochent
Objets dans la même poche
Et nous vivons confondus
Dans le même rêve éperdu
Mes songes te ressemblent
Les branches remuées ce sont tes yeux qui tremblent
Et je te vois partout toi si belle et si tendre
Les clous de mes souliers brillent comme tes yeux
La vulve des juments est rose comme la tienne
Et nos armes graissées c’est comme quand tu me veux
Ô douceur de ma vie c’est comme quand tu m’aimes
L’hiver est doux le ciel est bleu
Refais-me le refais-me le
Toi ma chère permission
Ma consigne ma faction
Ton amour est mon uniforme
Tes doux baisers sont les boutons
Ils brillent comme l’or et l’ornent
Et tes bras si roses si longs
Sont les plus galants des galons
Un monsieur près de moi mange une glace blanche
Je songe au goût de ta chair et je songe à tes hanches
À gauche lit son journal une jeune dame blonde
Je songe à tes lettres où sont pour moi toutes les nouvelles du monde
Il passe des marins la mer meurt à tes pieds
Je regarde ta photo tu es l’univers entier
J’allume une allumette et vois ta chevelure
Tu es pour moi la vie cependant qu’elle dure
Et tu es l’avenir et mon éternité
Toi mon amour unique et la seule beauté

Guillaume Apollinaire Poèmes à Lou
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APOLLINAIRE, THE EYES OF THE POET, IN MUSÉE DE L’ORANGERIE PARIS

APPOLINAIRE2016_01Musée de l’Orangerie, Paris
Apollinaire, the vision of the poet
Until 18 July 2016

The exhibition Apollinaire, the Eyes of the Poet looks at the period between 1902 and 1918 when Guillaume Apollinaire was active as an art critic. This period of fifteen years, seemingly a brief span, would in fact see a prodigious concentration of schools, manifestos, experiments and discoveries flourishing throughout the arts. Apollinaire’s character, his artistic sensitivity and his insatiable curiosity, made him a witness, a participant and a privileged intermediary in the turbulent times of the early 20th century. With a keen eye for discovering the art of his time, Apollinaire “defined once and for all the approach of artists like Matisse, Derain, Picasso and Chirico (…) using intellectual surveying techniques not seen since Baudelaire” Breton declared in 1952.
The aim of this exhibition is to recognise the important effect that this poet-critic’s discerning eye had on his era, in much the same way as Baudelaire and Mallarmé had on theirs.

APPOLINAIRE2016_06Poet, critic, friend of artists and one of the first to discover African arts, Apollinaire proved to be a key player in the aesthetic revolution that led to the birth of modern art.
This exhibition aims to explore Apollinaire’s mental and aesthetic universe through a thematic display: from Douanier Rousseau to Matisse, Picasso, Braque and Delaunay, from Cubism to Orphism and Surrealism, from academic sources to modernity, from tribal arts to popular arts. One section will highlight in particular the poet’s links with Picasso.

The exhibition sits quite naturally in the Musée de l’Orangerie alongside the works collected by his friend Paul Guillaume, whom Apollinaire introduced into the avant-garde circles, and whose adviser he became.

Musée de l’Orangerie
Jardin des Tuileries
Place de la Concorde
Paris fr
+33 (0)1 44 77 80 07
+33 (0)1 44 50 43 00
Jours et horaires d’ouverture
Ouvert de 9h à 18h
Dernier accès : 17h15
Fermé le mardi

# Website: Le musée de l’Orangerie

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Guillaume Apollinaire: La Maison des Morts

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Guillaume Apollinaire

1880-1918

 

La maison des morts

A Maurice Raynal

 

S’étendant sur les côtés du cimetière

La maison des morts l’encadrait comme un cloître

A l’intérieur de ses vitrines

Pareilles à celles des boutiques de modes

Au lieu de sourire debout

Les mannequins grimaçaient pour l’éternité

 

Arrivé à Munich depuis quinze ou vingt jours

J’étais entré pour la première fois et par hasard

Dans ce cimetière presque désert

Et je claquais des dents

Devant toute cette bourgeoisie

Exposée et vêtue le mieux possible

En attendant la sépulture

 

Soudain

Rapide comme ma mémoire

Les yeux ses rallumèrent

De cellule vitrée en cellule vitrée

Le ciel se peupla d’une apocalypse

Vivace

 

Et la terra plate à l’infini

Comme avant Galilée

Se couvrit de mille mythologies immobiles

Un ange en diamant brisa toutes les vitrines

Et les morts m’accostèrent

Avec des mines de l’autre monde

 

Mais leur visage et leurs attitudes

Devinrent bientôt moins funbèbres

Le ciel et la terre perdirent

Leur aspect fantasmagorique

 

Les morts se réjouissaient

De voir leurs corps trépassés entre eux et la lumière

Ils riaient de voir leur ombre et l’observaient

Comme si véritablement

C’eût été leur vie passée

 

Alors je les dénombrai

Ils étaient quarante-neuf hommes

Femmes et enfants

Qui embellissaient à vue d’oeil

Et me regardaient maintenant

Avec tant de cordialité

Tant de tendresse même

Que les prenant en amitié

 

Tout à coup

Je les invitai à une promenade Loin des arcades de leur maison

 

Et tous bras dessus bras dessous

Fredonnant des airs militaires

Oui tous vos péchés sont absous

Nous quittâmes le cimetière

 

Nous traversâmes la ville

Et rencontrions souvent

Des parents des amis qui se joignaient

A la petite troupe des morts récents

Tous étaient si gais

Si charmants si bien portants

Que bien malin qui aurait pu

Distinguer les morts des vivants

 

Puis dans la campagne

On s’éparpilla

Deux chevau-légers nous joignirent

On leur fit fête

Ils coupèrent du bois de viorne

Et de sureau

Dont ils firent des sifflets

Qu’ils distribuèrent aux enfants

 

Plus tard dans un bal champètre

Les couples mains sur les épaules

Dansèrent au son aigre des cithares

 

Ils n’avaient pas oublié la danse

Ces morts et ces mortes

On buvait aussi

Et de temps à autre une cloche

Annonçait qu’un autre tonneau

Allait être mis en perce

Une morte assise sur un banc

Près d’un buisson d’épine-vinette

Laissait un étudiant

Agenouillé à ses pieds

Lui parler de fiançailles

 

Je vous attendrai

Dix ans vingt ans s’il le faut

Votre volonté sera la mienne

 

Je vous attendrai

Toute votre vie

Répondait la morte

 

Des enfants

De ce monde ou bien de l’autre

Chantaient de ces rondes

Aux paroles absurdes et lyriques

Qui sans doute sont les restes

Des plus anciens monuments poétiques

De l’humanité

 

L’étudiant passa une bague

A l’annulaire de la jeune morte

Voici le gage de mon amour

De nos fiançailles

Ni le temps ni l’absence

Ne nous feront oublier nos promesses

 

Et un jour nous auront une belle noce

Des touffes de myrte

A nos vêtements et dans vos cheveux

Un beau sermon à l’église

De longs discours après le banquet

Et de la musique

De la musique

 

Nos enfants

Dit la fiancée

Seront plus beaux plus beaux encore

Hélas! la bague était brisée

Que s’ils étaient d’argent ou d’or

D’émeraude ou de diamant

Seront plus clairs plus clairs encore

Que les astres du firmament

Que la lumière de l’aurore

Que vos regards mon fiancé

Auront meilleure odeur encore

Hélas! la bague était brisée

Que le lilas qui vient d’éclore

Que le thym la rose ou qu’un brin

De lavande ou de romarin

 

Les musiciens s’en étant allés

Nous continuâmes la promenade

 

Au bord d’un lac

On s’amusa à faire des ricochets

Avec des cailloux plats

Sur l’eau qui dansait à peine

 

Des barques étaient amarrées

Dans un havre

On les détacha

Après que toute la troupe se fut embarquée

Et quelques morts ramaient

Avec autant de vigueur que les vivants

 

A l’avant du bateau que je gouvernais

Un mort parlait avec une jeune femme

Vêtue d’une robe jaune

D’un corsage noir

Avec des rubans bleus et d’un chapeau gris

Orné d’une seule petite plume défrisée

 

Je vous aime

Disait-il

Comme le pigeon aime la colombe

Comme l’insecte nocturne

Aime la lumière

 

Trop tard

Répondait la vivante

Repoussez repoussez cet amour défendu

Je suis mariée

Voyez l’anneau qui brille

Mes mains tremblent

Je pleure et je voudrais mourir

 

Les barques étaient arrivées

A un endroit où les chevau-légers

Savaient qu’un écho répondait de la rive

On ne se lassait point de l’interroger

Il y eut des questions si extravagantes

Et des réponses tellement pleines d’à-propos

Que c’était à mourir de rire

Et le mort disait à la vivante

 

Nous serions si heureux ensemble

Sur nous l’eau se refermera

Mais vous pleurez et vos mains tremblent

Aucun de nous ne reviendra

 

On reprit terre et ce fut le retour

Les amoureux s’entr’aimaient

Et par couples aux belles bouches

Marchaient à distances inégales

Les morts avaient choisi les vivantes

Et les vivants

Des mortes

Un genévrier parfois

Faisait l’effet d’un fantôme

 

Les enfants déchiraient l’air

En soufflant les joues creuses

Dans leurs sifflets de viorne

Ou de sureau

Tandis que les militaires

Chantaient des tyroliennes

En se répondant comme on le fait

Dans la montagne

 

Dans la ville

Notre troupe diminua peu à peu

On se disait

Au revoir

A demain

A bientôt

Bientôt entraient dans les brasseries

Quelques-uns nous quittèrent

Devant une boucherie canine

Pour y acheter leur repas du soir

 

Bientôt je restai seul avec ces morts

Qui s’en allaient tout droit

Au cimetière

Sous les Arcades

Je les reconnus

Couchés

Immobiles

Et bien vêtus

Attendant la sépulture derrière les vitrines

 

Ils ne se doutaient pas

De ce qui s’était passé

Mais les vivants en gardaient le souvenir

C’était un bonheur inespéré

Et si certain

Qu’ils ne craignaient point de le perdre

 

Ils vivaient si noblement

Que ceux qui la veille encore

Les regardaient comme leurs égaux

Ou même quelque chose de moins

Admiraient maintenant

Leur puissance leur richesse et leur génie

Car y a-t-il rien qui vous élève

Comme d’avoir aimé un mort ou une morte

On devient si pur qu’on en arrive

Dans les glaciers de la mémoire

A se confondre avec le souvenir

On est fortifié pour la vie

Et l’on n’a plus besoin de personne

 

Guillaume Apollinaire poème:

La Maison des Morts

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Guillaume Apollinaire poème: Zone

Guillaume Apollinaire

(1880-1918)

Z o n e


À la fin tu es las de ce monde ancien

Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin

Tu en as assez de vivre dans l’antiquité grecque et romaine

Ici même les automobiles ont l’air d’être anciennes
La religion seule est restée toute neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation

Seul en Europe tu n’es pas antique ô Christianisme
L’Européen le plus moderne c’est vous Pape Pie X
Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
D’entrer dans une église et de t’y confesser ce matin
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d’aventures policières
Portraits des grands hommes et mille titres divers

J’ai vu ce matin une jolie rue dont j’ai oublié le nom
Neuve et propre du soleil elle était le clairon
Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes
Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent
Le matin par trois fois la sirène y gémit
Une cloche rageuse y aboie vers midi
Les inscriptions des enseignes et des murailles
Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
J’aime la grâce de cette rue industrielle
Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l’avenue des Ternes

Voilà la jeune rue et tu n’es encore qu’un petit enfant
Ta mère ne t’habille que de bleu et de blanc
Tu es très pieux et avec le plus ancien de tes camarades René Dalize
Vous n’aimez rien tant que les pompes de l’Église
Il est neuf heures le gaz est baissé tout bleu vous sortez du dortoir en cachette

Vous priez toute la nuit dans la chapelle du collège
Tandis qu’éternelle et adorable profondeur améthyste
Tourne à jamais la flamboyante gloire du Christ
C’est le beau lys que tous nous cultivons
C’est la torche aux cheveux roux que n’éteint pas le vent
C’est le fils pâle et vermeil de la douloureuse mère
C’est l’arbre toujours touffu de toutes les prières
C’est la double potence de l’honneur et de l’éternité
C’est l’étoile à six branches
C’est Dieu qui meurt le vendredi et ressuscite le dimanche

C’est le Christ qui monte au ciel mieux que les aviateurs
Il détient le record du monde pour la hauteur

Pupille Christ de l’oeil
Vingtième pupille des siècles il sait y faire
Et changé en oiseau ce siècle comme Jésus monte dans l’air
Les diables dans les abîmes lèvent la tête pour le regarder
Ils disent qu’il imite Simon Mage en Judée
Ils crient s’il sait voler qu’on l’appelle voleur
Les anges voltigent autour du joli voltigeur
Icare Enoch Elie Apollonius de Thyane
Flottent autour du premier aéroplane
Ils s’écartent parfois pour laisser passer ceux que transporte la Sainte-Eucharistie
Ces prêtres qui montent éternellement élevant l’hostie
L’avion se pose enfin sans refermer les ailes
Le ciel s’emplit alors de millions d’hirondelles
À tire-d’aile viennent les corbeaux les faucons les hiboux
D’Afrique arrivent les ibis les flamants les marabouts
L’oiseau Roc célébré par les conteurs et les poètes
Plane tenant dans les serres le crâne d’Adam la première tête
L’aigle fond de l’horizon en poussant un grand cri
Et d’Amérique vient le petit colibri
De Chine sont venus les pihis longs et souples
Qui n’ont qu’une seule aile et qui volent par couples
Puis voici la colombe esprit immaculé
Qu’escortent l’oiseau-lyre et le paon ocellé
Le phénix ce bûcher qui soi-même s’engendre
Un instant voile tout de son ardente cendre
Les sirènes laissant les périlleux détroits
Arrivent en chantant bellement toutes trois
Et tous aigle phénix et pihis de la Chine
Fraternisent avec la volante machine

Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule
Des troupeaux d’autobus mugissants près de toi roulent
L’angoisse de l’amour te serre le gosier
Comme si tu ne devais jamais plus être aimé
Si tu vivais dans l’ancien temps tu entrerais dans un monastère
Vous avez honte quand vous vous surprenez à dire une prière
Tu te moques de toi et comme le feu de l’Enfer ton rire pétille
Les étincelles de ton rire dorent le fond de ta vie
C’est un tableau pendu dans un sombre musée
Et quelquefois tu vas le regarder de près

Aujourd’hui tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantées
C’était et je voudrais ne pas m’en souvenir c’était au déclin de la beauté

Entourée de flammes ferventes Notre-Dame m’a regardé à Chartres
Le sang de votre Sacré-Coeur m’a inondé à Montmartre
Je suis malade d’ouïr les paroles bienheureuses
L’amour dont je souffre est une maladie honteuse
Et l’image qui te possède te fait survivre dans l’insomnie et dans l’angoisse
C’est toujours près de toi cette image qui passe

Maintenant tu es au bord de la Méditerranée
Sous les citronniers qui sont en fleur toute l’année
Avec tes amis tu te promènes en barque
L’un est Nissard il y a un Mentonasque et deux Turbiasques
Nous regardons avec effroi les poulpes des profondeurs
Et parmi les algues nagent les poissons images du Sauveur

Tu es dans le jardin d’une auberge aux environs de Prague
Tu te sens tout heureux une rose est sur la table
Et tu observes au lieu d’écrire ton conte en prose
La cétoine qui dort dans le coeur de la rose

Épouvanté tu te vois dessiné dans les agates de Saint-Vit
Tu étais triste à mourir le jour où tu t’y vis
Tu ressembles au Lazare affolé par le jour
Les aiguilles de l’horloge du quartier juif vont à rebours
Et tu recules aussi dans ta vie lentement
En montant au Hradchin et le soir en écoutant
Dans les tavernes chanter des chansons tchèques

Te voici à Marseille au milieu des pastèques

Te voici à Coblence à l’hôtel du Géant

Te voici à Rome assis sous un néflier du Japon

Te voici à Amsterdam avec une jeune fille que tu trouves belle et qui est laide

Elle doit se marier avec un étudiant de Leyde
On y loue des chambres en latin Cubicula locanda

Je m’en souviens j’y ai passé trois jours et autant à Gouda

Tu es à Paris chez le juge d’instruction
Comme un criminel on te met en état d’arrestation

Tu as fait de douloureux et de joyeux voyages
Avant de t’apercevoir du mensonge et de l’âge
Tu as souffert de l’amour à vingt et à trente ans
J’ai vécu comme un fou et j’ai perdu mon temps

Tu n’oses plus regarder tes mains et à tous moments je voudrais sangloter
Sur toi sur celle que j’aime sur tout ce qui t’a épouvanté
Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants
Ils croient en Dieu ils prient les femmes allaitent des enfants
Ils emplissent de leur odeur le hall de la gare Saint-Lazare
Ils ont foi dans leur etoile comme les rois-mages
Ils espèrent gagner de l’argent dans l’Argentine
Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune
Une famille transporte un édredon rouge comme vous transportez votre coeur
Cet édredon et nos rêves sont aussi irréels
Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent
Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges
Je les ai vus souvent le soir ils prennent l’air dans la rue
Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs
Il y a surtout des Juifs leurs femmes portent perruque
Elles restent assises exsangues au fond des boutiques

Tu es debout devant le zinc d’un bar crapuleux
Tu prends un café à deux sous parmi les malheureux

Tu es la nuit dans un grand restaurant

Ces femmes ne sont pas méchantes elles ont des soucis cependant
Toutes même la plus laide a fait souffrir son amant

Elle est la fille d’un sergent de ville de Jersey

Ses mains que je n’avais pas vues sont dures et gercées

J’ai une pitié immense pour les coutures de son ventre

J’humilie maintenant à une pauvre fille au rire horrible ma bouche

Tu es seul le matin va venir
Les laitiers font tinter leurs bidons dans les rues

La nuit s’éloigne ainsi qu’une belle Métive
C’est Ferdine la fausse ou Léa l’attentive

Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie
Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie

Tu marches vers Auteuil tu veux aller chez toi à pied
Dormir parmi tes fétiches d’Océanie et de Guinée
Ils sont des Christ d’une autre forme et d’une autre croyance
Ce sont les Christ inférieurs des obscures espérances

Adieu Adieu

Soleil cou coupé

(Alcools 1913)

Guillaume Apollinaire poème: Zone

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