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Albert Hagenaars over de nieuwe dichtbundel ‘Nederzettingen’ van Bert Bevers

In De Verborgen Hoek besteedt recensent Albert Hagenaars uitgebreid aandacht aan de meest recente dichtbundel ‘Nederzettingen’ van Bert Bevers en de verhouding daarvan tot zijn eerdere werk.

This image has an empty alt attribute; its file name is nederzettingen400.jpg‘Nederzettingen’ verscheen bij uitgeverij Kleinood & Grootzeer. De bundel is verdeeld in drie reeksen: Nederzettingen, Uit de tijd en Gedichten uit een stadje in de heuvels en bevat dertig recente gedichten.

Bert Bevers is een dichter met een brede kijk op zijn onderwerpen en een onmiskenbaar eigen idioom.

Eerste druk 100 genummerde en door de auteur gesigneerde exemplaren. Boekje, 42 pagina’s, gelijmd 21 x 10,5 cm. ISBN/EAN 978-90-76644-91-2. Prijs € 18,-

Bert Bevers (Bergen op Zoom, 1954) woont en werkt in Antwerpen. Keuzes uit zijn gedichten verschenen in de verzamelbundels Afglans (1997) en Eigen terrein (2013). Werk van zijn hand verscheen in literaire tijdschriften als Ballustrada, Bzzlletin, Deus ex Machina, Dietsche Warande & Belfort, Digther, Fleurs du mal.nl, Gierik & Nieuw Vlaams Tijdschrift, Hollands Maandblad, Meander, Poëziekrant, De Tweede Ronde, TZUM en Versindaba alsmede in vele bloemlezingen.

Albert Hagenaars (Bergen op Zoom, 1955) is dichter en schrijver. De belangrijkste thema’s in zijn boeken zijn reizen, interculturele relaties, vervreemding en identiteit. Verder schrijft hij al jarenlang literaire recensies, meestal over poëzie.

# Albert Hagenaars: Kruisbestuivingen tussen tijd en plaats over Bert Bevers

# link naar literaire blog De Verborgen Hoek 

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Victor Hugo: Exil (Poème)

Exil

Si je pouvais voir, ô patrie,
Tes amandiers et tes lilas,
Et fouler ton herbe fleurie,
Hélas !

Si je pouvais, – mais, ô mon père,
O ma mère, je ne peux pas, –
Prendre pour chevet votre pierre,
Hélas !

Dans le froid cercueil qui vous gêne,
Si je pouvais vous parler bas,
Mon frère Abel, mon frère Eugène,
Hélas !

Si je pouvais, ô ma colombe,
Et toi, mère, qui t’envolas,
M’agenouiller sur votre tombe,
Hélas !

Oh ! vers l’étoile solitaire,
Comme je lèverais les bras !
Comme je baiserais la terre,
Hélas !

Loin de vous, ô morts que je pleure,
Des flots noirs j’écoute le glas ;
Je voudrais fuir, mais je demeure,
Hélas !

Pourtant le sort, caché dans l’ombre,
Se trompe si, comptant mes pas,
Il croit que le vieux marcheur sombre
Est las.

Victor Hugo
(1802-1885)
Exil
(Poème)

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Victor Hugo: Le poète dans les révolutions (Poème)

 

Le poète dans les révolutions

” Le vent chasse loin des campagnes
Le gland tombé des rameaux verts ;
Chêne, il le bat sur les montagnes ;
Esquif, il le bat sur les mers.
Jeune homme, ainsi le sort nous presse.
Ne joins pas, dans ta folle ivresse,
Les maux du monde à tes malheurs ;
Gardons, coupables et victimes,
Nos remords pour nos propres crimes,
Nos pleurs pour nos propres douleurs. “

Quoi ! mes chants sont-ils téméraires ?
Faut-il donc, en ces jours d’effroi,
Rester sourd aux cris de ses frères !
Ne souffrir jamais que pour soi !
Non, le poëte sur la terre
Console, exilé volontaire,
Les tristes humains dans leurs fers ;
Parmi les peuples en délire,
Il s’élance, armé de sa lyre,
Comme Orphée au sein des enfers.

” Orphée aux peines éternelles
Vint un moment ravir les morts ;
Toi, sur les têtes criminelles,
Tu chantes l’hymne du remords.
Insensé ! quel orgueil t’entraîne ?
De quel droit vien§-tu dans l’arène
Juger sans avoir combattu ?
Censeur échappé de l’enfance,
Laisse vieillir ton innocence,
Avant de croire à ta vertu. “

Quand le crime, Python perfide,
Brave, impuni, le frein des lois,
La Muse devient l’Euménide,
Apollon saisit son carquois.
Je cède au Dieu qui me rassure ;
J’ignore à ma vie encor pure
Quels maux le sort veut attacher ;
Je suis sans orgueil mon étoile ;
L’orage déchire la voile
La voile sauve le nocher.

” Les hommes vont aux précipices.
Tes chants ne les sauveront pas.
Avec eux, loin des cieux propices,
Pourquoi donc égarer tes pas ?
Peux-tu, dès tes jeunes années,
Sans briser d’autres destinées,
Rompre la chaîne de tes jours ?
Épargne ta vie éphémère :
Jeune homme, n’as-tu pas de mère ?
Poëte, n’as-tu pas d’amours ? “

Eh bien, à mes terrestres flammes,
Si je meurs, les cieux vont s’ouvrir.
L’amour chaste agrandit les âmes,
Et qui sait aimer sait mourir.
Le poëte, en des temps de crime,
Fidèle aux justes qu’on opprime,
Célèbre, imite les héros ;
Il a, jaloux de leur martyre,
Pour les victimes une lyre,
Une tête pour les bourreaux.

” On dit que jadis le poëte,
Chantant des jours encor lointains,
Savait à la terre inquiète
Révéler ses futurs destins.
Mais toi, que peux-tu pour le monde ?
Tu partages sa nuit profonde ;
Le ciel se voile et veut punir ;
Les lyres n’ont plus de prophète,
Et la Muse, aveugle et muette,
Ne sait plus rien de l’avenir ! “

Le mortel qu’un Dieu même anime
Marche à l’avenir, plein d’ardeur ;
C’est en s’élançant dans l’abîme
Qu’il en sonde la profondeur.
Il se prépare au sacrifice ;
Il sait que le bonheur du vice
Par l’innocent est expié ;
Prophète à son jour mortuaire,
La frison est son sanctuaire,
Et l’échafaud est son trépied.

” Que n’est-tu né sur les rivages
Des Abbas et des Cosroës,
Aux rayons d’un ciel sans nuages,
Parmi le myrte et l’aloès !
Là, sourd aux maux que tu déplores,
Le poëte voit ses aurores
Se lever sans trouble et sans pleurs ;
Et la colombe, chère aux sages,
Porte aux vierges ses doux messages
Où l’amour parle avec des fleurs ! “

Qu’un autre au céleste martyre
Préfère un repos sans honneur !
La gloire est le but où j’aspire ;
On n’y va point par le bonheur.
L’alcyon, quand l’océan gronde,
Craint que les vents ne troublent l’onde
Où se berce son doux sommeil ;
Mais pour l’aiglon, fils des orages,
Ce n’est qu’à travers les nuages
Qu’il prend son vol vers le soleil !

Victor Hugo
(1802-1885)
Le poète dans les révolutions
(Poème)

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The History of the Future. Oculus, Facebook, and the Revolution That Swept Virtual Reality by Blake J. Harris

The dramatic, larger-than-life true story behind the founding of Oculus and its quest for virtual reality, by the bestselling author of Console Wars.

In The History of the Future, Harris once again deep-dives into a tech drama for the ages to expertly tell the larger-than-life true story of Oculus, the virtual reality company founded in 2012 that—less than two years later—would catch the attention of Mark Zuckerberg and wind up being bought by Facebook for over $2 billion dollars.

This incredible underdog story begins with inventor Palmer Luckey, then just a nineteen-year-old dreamer, living alone in a camper trailer in Long Beach, California. At the time, virtual reality—long-hailed as the ultimate technology—was so costly and experimental that it was unattainable outside of a few research labs and military training facilities. But with the founding of Oculus, and the belief that his tantalizing vision of the future could one day be more than science fiction, Luckey put everything he had into creating a device that would allow gamers like him to step into virtual worlds and, in doing so, hopefully kickstart a VR revolution.

Over the course of three years, Harris conducted hundreds of interviews with key players in the VR revolution—including Luckey, his partners, and their cult of dreamers—to weave together a rich, cinematic narrative that captures the breakthroughs, breakdowns, and human drama of trying to change the world.

The result is a supremely accessible, entertaining look at the birth of a new multi-billion-dollar industry; one full of heroes, villains, and twists at every corner. Take, for instance, Harris’ own discovery while writing this story. When he started this endeavor, he had no idea that this tale would somehow involve Donald Trump, billion-dollar lawsuits, illegal practices, and end with Luckey—eventually ousted from Facebook—as one of the most polarizing figures in Silicon Valley.

The History of the Future.
Oculus, Facebook, and the Revolution That Swept Virtual Reality
by Blake J. Harris
Hardcover
Pages: 528
HarperCollins Publishers
Imprint: Dey Street Books
On Sale: 02/19/2019
ISBN: 9780062455963
ISBN 10: 0062455966
Computers / Virtual Worlds
List Price: 28.99 USD

# new books
The History of the Future
Blake J. Harris

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Victor Hugo: Chanson de grand-père (Poème)

 

Chanson de grand-père

Dansez, les petites filles,
Toutes en rond.
En vous voyant si gentilles,
Les bois riront.

Dansez, les petites reines,
Toutes en rond.
Les amoureux sous les frênes
S’embrasseront.

Dansez, les petites folles,
Toutes en rond.
Les bouquins dans les écoles
Bougonneront.

Dansez, les petites belles,
Toutes en rond.
Les oiseaux avec leurs ailes
Applaudiront.

Dansez, les petites fées,
Toutes en rond.
Dansez, de bleuets coiffées,
L’aurore au front.

Dansez, les petites femmes,
Toutes en rond.
Les messieurs diront aux dames
Ce qu’ils voudront.

Victor Hugo
(1802-1885)
Chanson de grand-père
(Poème)

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Victor Hugo: Il fait froid (Poème)

 

Il fait froid

L’hiver blanchit le dur chemin
Tes jours aux méchants sont en proie.
La bise mord ta douce main ;
La haine souffle sur ta joie.

La neige emplit le noir sillon.
La lumière est diminuée…
Ferme ta porte à l’aquilon !
Ferme ta vitre à la nuée !

Et puis laisse ton coeur ouvert !
Le coeur, c’est la sainte fenêtre.
Le soleil de brume est couvert ;
Mais Dieu va rayonner peut-être !

Doute du bonheur, fruit mortel ;
Doute de l’homme plein d’envie ;
Doute du prêtre et de l’autel ;
Mais crois à l’amour, ô ma vie !

Crois à l’amour, toujours entier,
Toujours brillant sous tous les voiles !
A l’amour, tison du foyer !
A l’amour, rayon des étoiles !

Aime, et ne désespère pas.
Dans ton âme, où parfois je passe,
Où mes vers chuchotent tout bas,
Laisse chaque chose à sa place.

La fidélité sans ennui,
La paix des vertus élevées,
Et l’indulgence pour autrui,
Eponge des fautes lavées.

Dans ta pensée où tout est beau,
Que rien ne tombe ou ne recule.
Fais de ton amour ton flambeau.
On s’éclaire de ce qui brûle.

A ces démons d’inimitié
Oppose ta douceur sereine,
Et reverse leur en pitié
Tout ce qu’ils t’ont vomi de haine.

La haine, c’est l’hiver du coeur.
Plains-les ! mais garde ton courage.
Garde ton sourire vainqueur ;
Bel arc-en-ciel, sors de l’orage !

Garde ton amour éternel.
L’hiver, l’astre éteint-il sa flamme ?
Dieu ne retire rien du ciel ;
Ne retire rien de ton âme !

Victor Hugo
(1802-1885)
Il fait froid
(Poème)

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Ian Humphreys: Zebra (Poetry)

In Zebra, a boy steps tentatively from the shadows onto a strobe-lit dancefloor.

Ian Humphreys’ much-anticipated debut shimmers with music, wit and humour while exploring mixed identities, otherness, and coming-of-age as a gay man in 1980s Manchester.

These acutely-observed, joyful poems pay homage to those who took the first steps – minority writers, LGBT civil rights activists, 70s queer night-clubbers and the poet’s own mixed-race parents.

A heady cocktail of the playful, political and mythical, Humphreys’ Zebra is also a creature of opposites – light and dark, countryside and cityscape, highs and lows. The collection moves from semi-rural England to the metropolitan hubs of Hong Kong, London and New York, circling its subjects, often finding the uncanny in the familiar, always drawing the reader centre-stage.

Ian’s debut full-length collection of poetry, Zebra, is forthcoming from Nine Arches Press in Spring, 2019. A portfolio of his poems was published in 2017 by Bloodaxe in Ten: Poets of the New Generation. His work has featured in magazines and anthologies, such as The Poetry Review, The Rialto, Ambit, Magma and The Forward Book of Poetry.

Ian Humphreys has won a number of awards, including first prize in both the 2016 Hamish Canham Prize and the 2013 PENfro Open Poetry Competition. In 2018, he was Highly Commended in the Forward Prizes for Poetry. Ian has also been published internationally in overseas journals and anthologies. His fiction has been shortlisted three times for the Bridport Prize.

Ian Humphreys has had work featured in journals and anthologies such as The Poetry Review, The Rialto, Magma and The Forward Book of Poetry 2019. Awards include first prize in the Poetry Society’s Hamish Canham Prize. He has been highly commended in the Forward Prizes for Poetry, and two of his poems have been longlisted in the National Poetry Competition. Ian is a fellow of The Complete Works, which promotes diversity, quality and innovation in British poetry. A portfolio of his poems is published in Ten: Poets of the New Generation (Bloodaxe).

Zebra
Ian Humphreys
Poetry
Format Paperback
80 pages
Dimensions 150 x 210 x 22mm
Publication date 11 Apr 2019
Publisher Nine Arches Press
Publication City/Country Rugby, United Kingdom
Language English
ISBN10 1911027700
ISBN13 9781911027706
Cover artwork: Louise Crosby
BIC Code: DCF
€15,99

# new poetry
Ian Humphreys
Zebra

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The Good Dark by Annie Guthrie

In the sequence of poems comprising Annie Guthrie’s first book, the quest for the meaning of human consciousness and its tangled subjectivity is drawn as a slow-building narrative of the mystic experience.

The journey enacted is that of the self as character, who encounters insurmountable mysteries in a breaking selfhood.

A dossier of contemplative exploration, THE GOOD DARK chronicles an immersive search in three acts: Unwitting, Chorus, and Body: stations through which the character must pass, and where she is accumulatively confessed, compounded and erased.

the gossip

I don’t always want what we have, she is saying.
Outside, dark clouds, fish hopping, tilling waves
back from shore. He is silent.
Sometimes more is happening, he says, finally.
The sun’s coming up, she says. Look how the light is kept.
I’d like to keep it up, he says.
Don’t make apart when otherwise the same, he says.
She is silent, tilling shore back from shore.
Don’t give darkness a face, he says, darkening.

Annie Guthrie is a writer and jeweler living in Tucson. She has a metalsmithing studio at Splinter Brothers Warehouse and can be found through her website, www.annieguthrie.net. She teaches at the University of Arizona Poetry Center and also mentors select students wishing to apprentice in poetry or to further their art projects through her courses in “Oracular Writing.”

The Good Dark
by Annie Guthrie
Paperback: 68 pages
Publisher: Tupelo Press, Inc.
2015
Language: English
ISBN-10: 1936797593
ISBN-13: 978-1936797592
Categories: Poetry
$16.95

# more poetry
The Good Dark
by Annie Guthrie

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Nieuwe roman Michel Houellebecq: Serotonine

‘Mijn overtuigingen zijn beperkt, maar wel intens. Ik geloof in de mogelijkheden van het speciale koninkrijk. Ik geloof in de liefde,’ schreef Michel Houellebecq eens.

De depressieve verteller van Serotonine zou het daar zonder voorbehoud mee eens zijn.

Zijn verhaal vindt plaats in een Frankrijk dat zijn tradities aan het verkwanselen is, zijn steden ontdoet van hun charme en zijn platteland verwoest tot de volksopstand erop volgt.

Hij vertelt over zijn leven als landbouwingenieur, zijn vriendschap met een boer van adel (een onvergetelijk personage – zijn dubbelganger in spiegelbeeld), over het falen van hun jeugdige idealen, de misschien wel dwaze hoop een verloren vrouw terug te vinden.

Deze roman over de puinhopen van een wereld zonder goedheid, zonder solidariteit, met onbeheersbaar geworden veranderingen, is ook een roman over wroeging en spijt. ‘Niemand in het Westen zal nog gelukkig zijn.’

Michel Houellebecq (1958) is Frankrijks onbetwiste sterschrijver van dit moment. Hij publiceerde essays en poëzie voordat hij zich in 1994 met de roman De wereld als markt en strijd, die bekroond werd met diverse prijzen, opwierp als belofte van de Franse letteren. Die status bevestigde hij met Elementaire deeltjes (Prix Novembre en Impact Dublin Literary Award), dat hem terecht de faam van groot schrijver bezorgde, en Platform. In 2011 en 2015 verschenen zijn grote romans De kaart en het gebied en Onderworpen. Zijn veelvuldig bekroonde en wereldwijd vertaalde werk is in het Nederlands vertaald door Martin de Haan. Sinds 1998 leeft Michel Houellebecq in zelfverkozen ballingschap in Ierland.

Serotonine
Literaire fictie
Auteur: Michel Houellebecq
Vertaler: Martin de Haan
Uitgeverij: De Arbeiderspers
NUR: 302
ISBN: 9789029529020
Hardcover
Taal: Nederlands
Bladzijden: 352 pp.
Prijs: € 22,50
Publicatiedatum: 21-03-2019

# New fiction
Michel Houellebecq
Serotonine

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Victor Hugo: Guerre civile (Poème)

 

Guerre civile

La foule était tragique et terrible ; on criait :
À mort ! Autour d’un homme altier, point inquiet,
Grave, et qui paraissait lui-même inexorable,
Le peuple se pressait : À mort le misérable !
Et lui, semblait trouver toute simple la mort.
La partie est perdue, on n’est pas le plus fort,
On meurt, soit. Au milieu de la foule accourue,
Les vainqueurs le traînaient de chez lui dans la rue.
— À mort l’homme ! — On l’avait saisi dans son logis ;
Ses vêtements étaient de carnage rougis ;
Cet homme était de ceux qui font l’aveugle guerre
Des rois contre le peuple, et ne distinguent guère
Scévola de Brutus, ni Barbès de Blanqui ;
Il avait tout le jour tué n’importe qui ;
Incapable de craindre, incapable d’absoudre,
Il marchait, laissant voir ses mains noires de poudre ;
Une femme le prit au collet : « À genoux !
C’est un sergent de ville. Il a tiré sur nous !
— C’est vrai, dit l’homme. — À bas ! à mort ! qu’on le fusille !
Dit le peuple. — Ici ! Non ! Plus loin ! À la Bastille !
À l’arsenal ! Allons ! Viens ! Marche ! — Où vous voudrez »,
Dit le prisonnier. Tous, hagards, les rangs serrés,
Chargèrent leurs fusils. « Mort au sergent de ville !
Tuons-le comme un loup ! — Et l’homme dit, tranquille :
— C’est bien, je suis le loup, mais vous êtes les chiens.
— Il nous insulte ! À mort ! » Les pâles citoyens
Croisaient leurs poings crispés sur le captif farouche ;
L’ombre était sur son front et le fiel dans sa bouche ;
Cent voix criaient : « À mort ! À bas ! Plus d’empereur ! »
On voyait dans ses yeux un reste de fureur
Remuer vaguement comme une hydre échouée ;
Il marchait poursuivi par l’énorme huée,
Et, calme, il enjambait, plein d’un superbe ennui,
Des cadavres gisants, peut-être faits par lui.
Le peuple est effrayant lorsqu’il devient tempête ;
L’homme sous plus d’affronts levait plus haut la tête ;
Il était plus que pris, il était envahi.
Dieu ! comme il haïssait ! comme il était haï !
Comme il les eût, vainqueur, fusillés tous ! « Qu’il meure !
Il nous criblait encor de balles tout à l’heure !
À bas cet espion, ce traître, ce maudit !
À mort ! c’est un brigand ! » Soudain on entendit
Une petite voix qui disait : « C’est mon père ! »
Et quelque chose fit l’effet d’une lumière.
Un enfant apparut. Un enfant de six ans.
Ses deux bras se dressaient suppliants, menaçants.
Tous criaient : « Fusillez le mouchard ! Qu’on l’assomme ! »
Et l’enfant se jeta dans les jambes de l’homme,
Et dit, ayant au front le rayon baptismal :
« Père, je ne veux pas qu’on te fasse de mal ! »
Et cet enfant sortait de la même demeure.
Les clameurs grossissaient : « À bas l’homme ! Qu’il meure !
À bas ! finissons-en avec cet assassin !
Mort ! » Au loin le canon répondait au tocsin.
Toute la rue était pleine d’hommes sinistres.
À bas les rois ! À bas les prêtres, les ministres,
Les mouchards ! Tuons tout ! c’est un tas de bandits ! »
Et l’enfant leur cria : « Mais puisque je vous dis
Que c’est mon père ! — Il est joli, dit une femme,
Bel enfant ! » On voyait dans ses yeux bleus une âme ;
Il était tout en pleurs, pâle, point mal vêtu.
Une autre femme dit : « Petit, quel âge as-tu ?
Et l’enfant répondit : — Ne tuez pas mon père ! »
Quelques regards pensifs étaient fixés à terre,
Les poings ne tenaient plus l’homme si durement.
Un de plus furieux, entre tous inclément,
Dit à l’enfant : « Va-t’en ! — Où ? — Chez toi. — Pourquoi faire ?
— Chez ta mère. — Sa mère est morte, dit le père.
— Il n’a donc plus que vous ? — Qu’est-ce que cela fait ? »
Dit le vaincu. Stoïque et calme, il réchauffait
Les deux petites mains dans sa rude poitrine,
Et disait à l’enfant : « Tu sais bien, Catherine ?
— Notre voisine ? — Oui. Va chez elle. — Avec toi ?
— J’irai plus tard. — Sans toi je ne veux pas. — Pourquoi ?
— Parce qu’on te ferait du mal. » Alors le père
Parla tout bas au chef de cette sombre guerre :
« Lâchez-moi le collet. Prenez-moi par la main,
Doucement. Je vais dire à l’enfant : À demain !
Vous me fusillerez au détour de la rue,
Ailleurs, où vous voudrez. — Et, d’une voix bourrue :
— Soit, dit le chef, lâchant le captif à moitié.
Le père dit : — Tu vois. C’est de bonne amitié.
Je me promène avec ces messieurs. Sois bien sage,
Rentre. » Et l’enfant tendit au père son visage,
Et s’en alla content, rassuré, sans effroi.
« Nous sommes à notre aise à présent, tuez-moi,
Dit le père aux vainqueurs ; où voulez-vous que j’aille ? »
Alors, dans cette foule où grondait la bataille,
On entendit passer un immense frisson,
Et le peuple cria : « Rentre dans ta maison ! »

Victor Hugo
(1802-1885)
Guerre civile
(Poème)
La Légende des siècles, 1877

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Victor Hugo: Les innocents (Poème)

 

Les innocents

Mais les enfants sont là. Le murmure qui sort
De ces âmes en fleur est-il compris du sort ?
L’enfant va devant lui gaîment ; mais la prière,
Quand il rit, parle-t-elle à quelqu’un en arrière ?
Le frais chuchotement du doux être enfantin
Attendrit-il l’oreille obscure du destin ?
Oh ! que d’ombre ! Tous deux chantent, fragiles têtes
Où flotte la lueur d’on ne sait quelles fêtes,
Et que dore un reflet d’un paradis lointain !
Les enfants ont des coeurs faits comme le matin
Ils ont une innocence étonnée et joyeuse ;
Et pas plus que l’oiseau gazouillant sous l’yeuse,
Pas plus que l’astre éclos sur les noirs horizons,
Ils ne sont inquiets de ce que nous faisons,
Ayant pour toute affaire et pour toute aventure
L’épanouissement de la grande nature ;
Ils ne demandent rien à Dieu que son soleil ;
Ils sont contents pourvu qu’un beau rayon vermeil
Chauffe les petits doigts de leur main diaphane
Et que le ciel soit bleu, cela suffit à Jeanne.

Victor Hugo
(1802-1885)
Les innocents
(Poème)

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Victor Hugo: Les fusillés (Poème)

 

Les fusillés

… Partout la mort. Eh bien, pas une plainte.
Ô blé que le destin fauche avant qu’il soit mûr !
Ô peuple !

On les amène au pied de l’affreux mur.
C’est bien. Ils ont été battus du vent contraire.
L’homme dit au soldat qui l’ajuste : Adieu, frère.
La femme dit : – Mon homme est tué. C’est assez.
Je ne sais s’il eut tort ou raison, mais je sais
Que nous avons traîné le malheur côte à côte ;
Il fut mon compagnon de chaîne ; si l’on m’ôte
Cet homme, je n’ai plus besoin de vivre. Ainsi
Puisqu’il est mort, il faut que je meure. Merci. –
Et dans les carrefours les cadavres s’entassent.
Dans un noir peloton vingt jeunes filles passent ;
Elles chantent ; leur grâce et leur calme innocent
Inquiètent la foule effarée ; un passant
Tremble. – Où donc allez-vous ? dit-il à la plus belle.
Parlez. – Je crois qu’on va nous fusiller, dit-elle.
Un bruit lugubre emplit la caserne Lobau ;
C’est le tonnerre ouvrant et fermant le tombeau.
Là des tas d’hommes sont mitraillés ; nul ne pleure ;
Il semble que leur mort à peine les effleure,
Qu’ils ont hâte de fuir un monde âpre, incomplet,
Triste, et que cette mise en liberté leur plaît.
Nul ne bronche. On adosse à la même muraille
Le petit-fils avec l’aïeul, et l’aïeul raille,
Et l’enfant blond et frais s’écrie en riant : Feu ! […]

Victor Hugo
(1802-1885)
Les fusillés
(Poème)
L’année terrible

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