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Cros, Charles

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CHARLES CROS: SIX TERCETS

   charlescros112

Charles Cros
(1842 – 1888)

Six tercets
A Degas

Les cheveux plantureux et blonds, bourrés de crin.
Se redressent altiers : deux touffes latérales
Se collent sur le front en moqueuses spirales.

Aigues-marines. dans le transparent écrin
Des paupières, les yeux qu’un clair fluide baigne
Ont un voluptueux regard qui me dédaigne.

Tout me nargue : les fins sourcils, arcs indomptés.
Le nez”au flair savant, la langue purpurine
Oui s’allonge jusqu’à chatouiller la narine.

Et le menton pointu, signe des volontés
Implacables, et puis cette irritante mouche
Sise au-dessous du nez et tout près de la bouche.

Mais, au bout du menton rose où vient se poser
In doigt mignon, dans cette attitude songeuse,
Énigmatiquement la fossette se creuse.

Je prends, à la faveur de ce calme, un baiser
Sur les flocons dont la nuque fine est couverte,
En prix de ce croquis rimé d’après vous,
Berthe.

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CHARLES CROS: CHANT ÉTHOPIEN

charlescros112

Charles Cros
(1842 – 1888)

Chant éthiopien
Chanson a Emile Wroblewski

Apportez-moi des fleurs odorantes,
Pour me parer, compagnes errantes,
Pour te charmer, ô mon bien-aimé.
Déjà le vent s’élève embaumé.

Le vent du soir fait flotter vos pagnes.
Dans vos cheveux, pourquoi, mes compagnes,
Entrelacer ces perles de lait?
Mon cou — dit-il — sans perles lui plaît.

Mon cou qu’il prend entre ses bras souples
Frémit d’amour.
Nous voyons par couples,
Tout près de nous, entre les roseaux,
Dans le muguet, jouer les oiseaux.

Le blanc muguet fait des perles blanches.
Mon bien-aimé rattache à mes hanches
Mon pagne orné de muguet en fleur;
Mes dents — dit-il — en ont la pâleur.

Mes blanches dents et mon sein qui cède
Mes longs cheveux, lui seul les possède.
Depuis le soir où son œil m’a lui,
11 est à moi; moi je suis à lui.

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CHARLES CROS: MORALE

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Charles Cros
(1842 – 1888)

Morale

Sur des chevaux de bois enfiler des anneaux,
Regarder un caniche expert aux dominos.
Essayer de gagner une oie avec des boules,
Respirer la poussière et la sueur des foules.
Boire du coco tiède au gobelet d’étain
De ce marchand miteux qui fait ter lin tin tin,
Rentrer se coucher seul, à la fin de la foire,
Dormir tranquillement en attendant la gloire
Dans un lit frais l’été, mais, l’hiver, bien chauffé,
Tout cela vaut bien mieux que d’aller au café.

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CHARLES CROS: COEUR SIMPLE

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Charles Cros
(1842 – 1888)

Cœur simple

Dans les douces tiédeurs des chambres d’accouchées
Quand à peine, à travers les fenêtres bouchées,
Entre un filet de jour, j’aime, humble visiteur,
Le bruit de l’eau qu’on verse en un irrigateur,
Et les cuvettes à l’odeur de cataplasme.
Puis la garde-malade avec son accès d’asthme,
Les couches, où s’étend l’or des déjections,
Qui sèchent en fumant devant les clairs tisons,
Me rappellent ma mère aux jours de mon enfance;
Et je bénis ma mère, et le ciel, et la
France !

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CHARLES CROS: RÉVOLTE ( Sonnet)

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Charles Cros
(1842 – 1888)

Révolte – Sonnet

Absurde et ridicule à force d’être rose,
A force d’être blanche, à force de cheveux
Blonds, ondes, crèpelés, à force d’avoir bleus
Les yeux, saphirs trop vains de leur métempsycose.

Absurde, puisqu’on n’en peut pas parler en prose,
Ridicule, puisqu’on n’en a jamais vu deux,
Sauf, peut-être, dans des keepsakes nuageux…
Dépasser le réel ainsi, c’est de la pose.

C’en est même obsédant, puisque le vert des bois
Prend un ton d’émeraude impossible en peinture
S’il sert de fond à ces cheveux contre nature.

Et ces blancheurs de peau sont cause quelquefois
Qu’on perdrait tout respect des blancheurs que le rite
Classique admet : les lys, la neige. Ça m’irrite!

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CHARLES CROSS: LE MEUBLE

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Charles Cros
(1842 – 1888)

Le meuble – Fantaisie

A Madame Mauté de Fleurville.

Il m’a fallu avoir le regard bien rapide, l’oreille bien fine, l’attention bien aiguisée,

Pour découvrir le mystère du meuble, pour pénétrer derrière les perspectives de marqueterie, pour atteindre le monde imaginaire à travers les petites glaces.

Mais j’ai enfin entrevu la fête clandestine, j’ai entendu les menuets minuscules, j’ai surpris les intrigues compliquées qui se trament dans le meuble.

On ouvre les battants, on voit comme un salon pour des insectes, on remarque les carrelages blancs, bruns et noirs en perspective exagérée.

Une glace au milieu, une glace à droite, une glace à gauche, comme les portes dans les comédies symétriques.
En vérité ces glaces sont des portes ouvertes sur l’imaginaire.

Mais une solitude évidemment inaccoutumée, une propreté dont on cherche le but en ce salon où il n’y a personne, un luxe sans raison pour un intérieur où ne régnerait que la nuit.

On est dupe de cela, on se dit « c’est un meuble et voilà tout, » on pense qu’il n’y a rien derrière les glaces que le reflet de ce qui leur est présenté.

Insinuations qui viennent de quelque part, mensonges soufflés à notre raison par une politique voulue, ignorances où nous tiennent certains intérêts que je n’ai pas à définir.

Pourtant je n’y veux plus mettre de prudence, je me moque de ce qui peut en arriver, je n’ai pas souci des rancunes fantastiques.

Quand le meuble est fermé, quand l’oreille des importuns est bouchée par le sommeil ou remplie des bruits extérieurs, quand la pensée des hommes s’appesantit sur quelque objet positif,

Alors d’étranges scènes se passent dans le salon du meuble; quelques personnages de taille et d’aspect insolites sortent des petites glaces; certains groupes, éclairés par des lueurs vagues, s’agitent en ces perspectives exagérées.

Des profondeurs de la marqueterie, de derrière les colonnades simulées, du fond des couloirs postiches ménagés dans le revers des battants,

S’avancent, en toilettes surannées, avec une démarche frétillante et pour une fête d’almanach extraterrestre,

Des élégants d’une époque de rêve, des jeunes filles cherchant un établissement en cette société de reflets et enfin les vieux parents, diplomates ventrus et douairières couperosées.

Sur le mur de bois poli, accrochées on ne sait comment, les girandoles s’allument.
Au milieu de la salle, pendu au plafond qui n’existe pas, resplendit un lustre surchargé de bougies roses, grosses et longues comme des cornes de limaçons.
Dans des cheminées imprévues, des feux flambent comme des vers luisants.

Qui a mis là ces fauteuils, profonds comme des coques de noisettes et disposés en cercle, ces tables surchargées de rafraîchissements immatériels ou d’enjeux microscopiques, ces rideaux somptueux — et lourds comme des toiles d’araignée?

Mais le bal commence.
L’orchestre, qu’on croirait composé de hannetons, jette ses notes, pétillements et sifflements imperceptibles.
Les jeunes gens se donnent la main et se font des révérences.

Peut-être même quelques baisers d’amour fictif s’échangent à la dérobée, des sourires sans idée se dissimulent sous les éventails en ailes de mouche, des fleurs fanées dans les corsages sont demandées et données en signe d’indifférence réciproque.

Combien cela dure-t-il?
Quelles causeries s’élèvent dans ces fêtes?
Où va ce monde sans substance, après la soirée?

On ne sait pas.

Puisque, si l’on ouvre le meuble, les lumières et les feux s’éteignent: les invités, élégants, coquettes et vieux parents disparaissent pêle-mêle, sans souci de leur dignité, dans les glaces, couloirs et colonnades; les fauteuils, les tables et les rideaux s’évaporent.

Et le salon reste vide, silencieux et propre;

Aussi tout le monde le dit « c’est un meuble de marqueterie et voilà tout, » sans se douter qu’aussitôt le regard détourné.

De petits visages narquois se hasardent à sortir des glaces symétriques, de derrière les colonnes incrustées, du fond des couloirs postiches.

Et il faut un œil particulièrement exercé, minutieux et rapide, pour les surprendre quand ils s’éloignent en ces perspectives exagérées, lorsqu’ils se réfugient dans les profondeurs imaginaires des petites glaces, à l’instant où ils rentrent dans les cachettes irréelles du bois poli.

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CHARLES CROS: SCHERZO

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Charles Cros
(1842 – 1888)

Scherzo – Poéme

Sourires, fleurs, baisers, essences,
Après de si fades ennuis.
Après de si ternes absences.
Parfumez le vent de mes nuits!

Illuminez ma fantaisie.
Jonchez mon chemin idéal.
Et versez-moi votre ambroisie.
Longs regards, lys. lèvres, santal!

               *

Car j’ignore l’amour caduque
Et le dessillement des yeux,
l’uisqu’encor sur ta blanche nuque
L’or flamboie en flocons soyeux.

Et cependant, ma fière amie.
Il y a longtemps, n’est-ce pas?
Qu’un matin tu t’es endormie,
Lassp d’amour, entre mes bras.

Ce ne sont pas choses charnelles
Qui font ton attrait non pareil.
Qui conservent à tes prunelles
Ces mêmes rayons de soleil.

Car les choses charnelles meurent.
Ou se fanent à l’air réel.
Mais toujours tes beautés demeurent
Dans leur nimbe immatériel.

               *

Ce n’est plus l’heure des tendresses
Jalouses, ni des faux serments.
Ne me dis rien de mes maîtresses.
Je ne compte pas tes amants.

               *

A toi. comète vagabonde
Souvent attardée en chemin.
Laissant ta chevelure blonde
Flotter dans l’éther surhumain.

Qu’importent quelques astres pâles
Au ciel troublé de ma raison.
Quand tu viens à longs intervalles
Envelopper mon horizon?

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Charles Cros: Testament

- charlesCros

Charles Cros

(1842-1888)

 

Testament

 

Si mon âme claire s’éteint

Comme une lampe sans pétrole,

Si mon esprit, en haut, déteint

Comme une guenille folle,

 

Si je moisis, diamantin,

Entier, sans tache, sans vérole,

Si le bégaiement bête atteint

Ma persuasive parole,

 

Et si je meurs, soûl, dans un coin

C’est que ma patrie est bien loin

Loin de la France et de la terre.

 

Ne craignez rien, je ne maudis

Personne. Car un paradis

Matinal, s’ouvre et me fait taire.

 

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Charles Cros: Testament

Charles Cros

(1842-1888)

Testament

 

Si mon âme claire s’éteint

Comme une lampe sans pétrole,

Si mon esprit, en haut, déteint

Comme une guenille folle,

 

Si je moisis, diamantin,

Entier, sans tache, sans vérole,

Si le bégaiement bête atteint

Ma persuasive parole,

 

Et si je meurs, soûl, dans un coin

C’est que ma patrie est bien loin

Loin de la France et de la terre.

 

Ne craignez rien, je ne maudis

Personne. Car un paradis

Matinal, s’ouvre et me fait taire.

 

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Charles Cros: Nocturne

Charles Cros

(1842-1888)

 

Nocturne

A Arsène Houssaye

Bois frissonnants, ciel étoilé,
Mon bien-aimé s’en est allé,
Emportant mon coeur désolé !

Vents, que vos plaintives rumeurs,
Que vos chants, rossignols charmeurs,
Aillent lui dire que je meurs !

Le premier soir qu’il vint ici
Mon âme fut à sa merci.
De fierté je n’eus plus souci.

Mes regards étaient pleins d’aveux.
Il me prit dans ses bras nerveux
Et me baisa près des cheveux.

J’en eus un grand frémissement ;
Et puis, je ne sais plus comment
Il est devenu mon amant.

Et, bien qu’il me fût inconnu,
Je l’ai pressé sur mon sein nu
Quand dans ma chambre il est venu.

*

Je lui disais : "Tu m’aimeras
Aussi longtemps que tu pourras !"
Je ne dormais bien qu’en ses bras.

Mais lui, sentant son coeur éteint,
S’en est allé l’autre matin,
Sans moi, dans un pays lointain.

*

Puisque je n’ai plus mon ami,
Je mourrai dans l’étang, parmi
Les fleurs, sous le flot endormi.

Au bruit du feuillage et des eaux,
Je dirai ma peine aux oiseaux
Et j’écarterai les roseaux.

Sur le bord arrêtée, au vent
Je dirai son nom, en rêvant
Que là je l’attendis souvent.

Et comme en un linceul doré,
Dans mes cheveux défaits, au gré
Du flot je m’abandonnerai.

*

Les bonheurs passés verseront
Leur douce lueur sur mon front ;
Et les joncs verts m’enlaceront.

Et mon sein croira, frémissant
Sous l’enlacement caressant,
Subir l’étreinte de l’absent.

*

Que mon dernier souffle, emporté
Dans les parfums du vent d’été,
Soit un soupir de volupté !

Qu’il vole, papillon charmé
Par l’attrait des roses de mai,
Sur les lèvres du bien-aimé !
 

Charles Cros poetry

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Charles Cros: Moi, je vis la vie à côté

Charles Cros

(1842-1888)

 

Moi, je vis la vie à côté

S o n n e t

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : "Comme il est bête !"
En somme, je suis mal coté.

J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête,
Qu’importe ! J’aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.

J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal :
Des roses, des roses, des roses !


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Charles Cros: Un immense désespoir

C h a r l e s   C r o s

(1842-1888)

  

U n   i m m e n s e   d é s e s p o i r

 

Un immense désespoir

Noir

M’atteint

Désormais, je ne pourrais

M’égayer au rose et frais

Matin.

 

Et je tombe dans un trou

Fou,

Pourquoi

Tout ce que j’ai fait d’efforts

Dans l’Idéal m’a mis hors

La Loi ?

 

Satan, lorsque tu tombas

Bas,

Au moins

Tu payais tes voeux cruels,

Ton crime avait d’immortels

Témoins.

 

Moi, je n’ai jamais troublé,

Blé,

L’espoir

Que tu donnes aux semeurs

Cependant, puni, je meurs

Ce soir.

 

J’ai fait à quelque animal

Mal

Avec

Une badine en chemin,

Il se vengera demain

Du bec.

 

Il me crèvera les yeux

Mieux

Que vous

Avec l’épingle à chapeau

Femmes, au contact de peau

Si doux.


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