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Vivien, Renée

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RENÉE VIVIEN: SOMMEIL

reneevivien103

Renée Vivien
(1877-1909)

Sommeil

Ô Sommeil, ô Mort tiède, ô musique muette !
Ton visage s’incline éternellement las,
Et le songe fleurit à l’ombre de tes pas,
Ainsi qu’une nocturne et sombre violette.

Les parfums affaiblis et les astres décrus
Revivent dans tes mains aux pâles transparences
Évocateur d’espoirs et vainqueur de souffrances
Qui nous rends la beauté des êtres disparus.

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RENÉE VIVIEN: JE PLEURE SUR TOI . . .

reneevivien107

Renée Vivien
(1877-1909)

Je pleure sur toi…
À Madame L.D. M…

Le soir s’est refermé, telle une sombre porte,
Sur mes ravissements, sur mes élans d’hier…
Je t’évoque, ô splendide ! ô fille de la mer !
Et je viens te pleurer comme on pleure une morte.

L’air des bleus horizons ne gonfle plus tes seins,
Et tes doigts sans vigueur ont fléchi sous les bagues.
N’as-tu point chevauché sur la crête des vagues,
Toi qui dors aujourd’hui dans l’ombre des coussins ?

L’orage et l’infini qui te charmaient naguère
N’étaient-ils point parfaits et ne valaient-ils pas
Le calme conjugal de l’âtre et du repas
Et la sécurité près de l’époux vulgaire ?

Tes yeux ont appris l’art du regard chaud et mol
Et la soumission des paupières baissées.
Je te vois, alanguie au fond des gynécées,
Les cils fardés, le cerné agrandi par le k’hol.

Tes paresses et tes attitudes meurtries
Ont enchanté le rêve épais et le loisir
De celui qui t’apprit le stupide plaisir,
Ô toi qui fus hier la soeur des Valkyries !

L’époux montre aujourd’hui tes yeux, si méprisants
Jadis, tes mains, ton col indifférent de cygne,
Comme on montre ses blés, son jardin et sa vigne
Aux admirations des amis complaisants.

Abdique ton royaume et sois la faible épouse
Sans volonté devant le vouloir de l’époux…
Livre ton corps fluide aux multiples remous,
Sois plus docile encore à son ardeur jalouse.

Garde ce piètre amour, qui ne sait décevoir
Ton esprit autrefois possédé par les rêves…
Mais ne reprends jamais l’âpre chemin des grèves,
Où les algues ont des rythmes lents d’encensoir.

N’écoute plus la voix de la mer, entendue
Comme un songe à travers le soir aux voiles d’or…
Car le soir et la mer te parleraient encor
De ta virginité glorieuse et perdue.

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Renée Vivien: Elle règne

reneevivien106

Renée Vivien
(1877-1909)

Elle règne

Le soir était plus doux que l’ombre d’une fleur.
J’entrai dans l’ombre ainsi qu’en un parfait asile.
La voix, récompensant mon attente docile,
Me chuchota: “Vois le palais de la douleur”.

Mes yeux las s’enchantaient du violet, couleur
Unique car le noir dominait. Immobile
La douleur demeurait assise, très tranquille.
J’admirais l’unité de sa grande pâleur.

Mon coeur se resserait dans un étau funeste,
Et j’allais m’éloigner, lorsqu’elle me dit : reste,
Aussitôt j’entendis prolonger un sanglot.

Dans la salle du trône, un clair de lune blême
Envahissait la nuit, comme un rocher le flot,
Et la Douleur régnait, implacable et suprême.

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Renée Vivien: Je t’aime d’être faible…

reneevivien108

Renée Vivien
(1877-1909)

Je t’aime d’être faible…

Je t’aime d’être faible et câline en mes bras
Et de chercher le sûr refuge de mes bras
Ainsi qu’un berceau tiède où tu reposeras.

Je t’aime d’être rousse et pareille à l’automne,
Frêle image de la Déesse de l’automne
Que le soleil couchant illumine et couronne.

Je t’aime d’être lente et de marcher sans bruit
Et de parler très bas et de haïr le bruit,
Comme l’on fait dans la présence de la nuit.

Et je t’aime surtout d’être pâle et mourante,
Et de gémir avec des sanglots de mourante,
Dans le cruel plaisir qui s’acharne et tourmente.

Je t’aime d’être, ô soeur des reines de jadis,
Exilée au milieu des splendeurs de jadis,
Plus blanche qu’un reflet de lune sur un lys…

Je t’aime de ne point t’émouvoir, lorsque blême
Et tremblante je ne puis cacher mon front blême,
Ô toi qui ne sauras jamais combien je t’aime !

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Renée Vivien: Undine

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Renée Vivien
(1877-1909)

Undine

Your laughter is light, your caress deep,
Your cold kisses love the harm they do;
Your eyes-blue lotus waves
And the water lilies are less pure than your face..

You flee, a fluid parting,
Your hair falls in gentle tangles;
Your voice-a treacherous tide;
Your arms-supple reeds.

Long river reeds, their embrace
Enlaces, chokes, strangles savagely,
Deep in the waves, an agony
Extinguished in a night drift.

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Renée Vivien: Chanson

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Renée Vivien
(1877-1909)

Chanson
 
The flight of the fluttering bat
Is tortuous, aguished, bizarre.
Then, beating her bruised wings thereat,
She turns, and looks back from afar.
 
Have you never felt, just one time,
How, drunken with painful defeat,
My soul, in a mad flight sublime,
Soared to your lips, distant but sweet?
 
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Renée Vivien: Your Strange Hair

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Renée Vivien
(1877-1909)

Your Strange Hair

Your strange hair, cold light,
Has pale glows and blond dullness;
Your gaze has the blue of ether and waves;
Your gown has the chill of the breeze and the woods.

I burn the whiteness of your fingers with kisses.
The night air spreads the dust from many worlds.
Still I don’t know anymore, in the heart of those deep nights,
How to see you with the passion of yesterday.

The moon grazed you with a slanted glow …
It was terrible, like prophetic lightning
Revealing the hideous below your beauty.

I saw-as one sees a flower fade-
On your mouth, like summer auroras,
The withered smile of an old whore.

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Renée Vivien: À une Femme

reneevivien105

Renée Vivien
(1877-1909)

À une Femme

Tendre à qui te lapide et mortelle à qui t’aime,
Faisant de l’attitude un frisson de poème,
O Femme dont la grâce enfantine et suprême
Triomphe dans la fange et les pleurs et le sang,
Tu n’aimes que la main qui meurtrit ta faiblesse,
La parole qui trompe et le baiser qui blesse,
L’antique préjugé qui meurt avec noblesse
Et le désir d’un jour qui sourit en passant.
Férocité passive, âme légère et douce,
Pour t’attirer, il faut que le geste repousse :
Ta chair inerte appelle, en râlant, la secousse
Et l’effort sans beauté du mâle triomphant.
Esclave du hasard, des choses et de l’heure,
Être ondoyant, en qui rien de vrai ne demeure,
Tu n’accueilles jamais la passion qui pleure
Ni l’amour qui languit sous ton regard d’enfant.
Le baume du banal et le fard du factice,
L’absurdité des lois, la vanité du vice
Et l’amant dont l’orgueil contente ton caprice,
Suffisent à ton cœur sans rêve et sans espoir.
Jamais tu ne t’éprends de la grâce d’un songe,
D’un reflet dont le charme expirant se prolonge,
D’un écho dans lequel le souvenir se plonge,
Jamais tu ne pâlis à l’approche du soir.

Cendres et Poussières, 1902

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Renée Vivien: Roses Rising

reneevivien102

Renée Vivien
(1877-1909)

Roses Rising

My brunette with the golden eyes, your ivory body, your amber
Has left bright reflections in the room
Above the garden.

The clear midnight sky, under my closed lids,
Still shines….I am drunk from so many roses
Redder than wine.

Leaving their garden, the roses have followed me….
I drink their brief breath, I breathe their life.
All of them are here.

It’s a miracle….The stars have risen,
Hastily, across the wide windows
Where the melted gold pours.

Now, among the roses and the stars,
You, here in my room, loosening your robe,
And your nakedness glistens

Your unspeakable gaze rests on my eyes….
Without stars and without flowers, I dream the impossible
In the cold night.

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Renée Vivien: Ta royale jeunesse a la mélancolie

reneevivien107

Renée Vivien
(1877-1909)

Ta royale jeunesse a la mélancolie

Ta royale jeunesse a la mélancolie
Du Nord où le brouillard efface les couleurs,
Tu mêles la discorde et le désir aux pleurs,
Grave comme Hamlet, pâle comme Ophélie.

Tu passes, dans l’éclair d’une belle folie,
Comme elle, prodiguant les chansons et les fleurs,
Comme lui, sous l’orgueil dérobant tes douleurs,
Sans que la fixité de ton regard oublie.

Souris, amante blonde, ou rêve, sombre amant,
Ton être double attire, ainsi qu’un double aimant,
Et ta chair brûle avec l’ardeur froide d’un cierge.

Mon coeur déconcerté se trouble quand je vois
Ton front pensif de prince et tes yeux bleus de vierge,
Tantôt l’Un, tantôt l’Autre, et les Deux à la fois.

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Renée Vivien: Prolong the night

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Renée Vivien
(1877-1909)

Prolong the night

Prolong the night, Goddess who sets us aflame!
Hold back from us the golden-sandalled dawn!
Already on the sea the first faint gleam
Of day is coming on.

Sleeping under your veils, protect us yet,
Having forgotten the cruelty day may give!
The wine of darkness, wine of the stars let
Overwhelm us with love!

Since no one knows what dawn will come,
Bearing the dismal future with its sorrows
In its hands, we tremble at full day, our dream
Fears all tomorrows.

Oh! keeping our hands on our still-closed eyes,
Let us vainly recall the joys that take flight!
Goddess who delights in the ruin of the rose,
Prolong the night!

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Renée Vivien: The Touch

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Renée Vivien

(1877–1909)

The Touch

 

The trees have kept some lingering sun in their branches,

Veiled like a woman, evoking another time,

The twilight passes, weeping. My fingers climb,

Trembling, provocative, the line of your haunches.

 

My ingenious fingers wait when they have found

The petal flesh beneath the robe they part.

How curious, complex, the touch, this subtle art—

As the dream of fragrance, the miracle of sound.

 

I follow slowly the graceful contours of your hips,

The curves of your shoulders, your neck, your unappeased breasts.

In your white voluptuousness my desire rests,

Swooning, refusing itself the kisses of your lips.

 

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